Si ma soeur , mon frère et moi  avons beaucoup connu, vécu avec nos grands parents paternels nous fréquentions aussi nos grands parents maternels chez qui nous allions en famille dans une autre ville c'est pour ça sûrement. C'était l'occasion de se retrouver toute la famille grands parents, cousins,cousines, tantes et oncles qui habitaient les uns à côté des autres, le temps d'un week end surtout ou plus longtemps quand c'étaient les vacances. Nous étions tous ensemble car ma grand mère nous gardait avec nos cousins qui avaient à peu près le même âge que nous. Puis nos grands parents paternels sont partis à des milliers de kilomètres pour leur retraite. Et nous passions plus de temps chez nos grands parents maternels. C'est l'époque où mes parents se sont de plus en plus éloignés du fait du départ de mes grands parents qui joueaient les réunificateurs le temps d'un week end, le rôle de parents, de beaux parents et grands parents ; ma mère avait trouvé sa place, de l'estime chez mes grands parents et ma mère le leur rendait bien. Ma mère n'aurait pas voulu d'autres beaux parents et eux n'auraient pas voulu d'autre belle fille ; à l'époque des filles comme ma mère plutôt intelligentes, autonomes financièrement, qui aimaient aussi tenir une maison, faire la cuisine, tenir un budget ce n'était pas très courant. C'était encore l'époque de la femme à la maison qui élève des enfants. La réussite de mes parents (avoir tous les deux, faire construire une maison rapidement, avoir deux ou 3 voitures...) était un exemple à envier tant qu'il donnait l'impression d'un couple heureux. Mais mon père et son côté festif qu'il pratiquait non plus en famille mais avec des collègues de travail chez eux ou dans des bars ont commencé à faire de lui un homme épanoui et tourné vers les autres ; avec nous il était ce qu'il a toujours était un homme tranquille, calme, sans émotion, sans colère, sans joie ; il ne nous a jamais frappés, punis contrairement à ma mère qui criait ou avait la main légère. Lui il se servait de ses yeux bleus et perçants, ses sourcils qu'il fronçait pour nous faire peur ou pleurer. Pesonnellement, j'ai très vite arrêté d'avoir peur de son personnage quand il soulevait ses lunettes ; je ne fondais plus en larmes et pire je soutenais son regard. Il a vite compris que je ne serais pas docile mais il ne m'a pas frappée pour autant. Il a commencé à sortir seul, à rentrer tard, à ne plus vouloir rendre des comptes ; pour ma mère qui aimait tout diriger cela devenait difficile. Elle continuait à diriger seule la maison mais l'absence de mon père dans son rôle de père et de mari en titre, de facade  commençait à la déranger. A t'elle fermé les yeux fait semblant de ne pas voir qu'il y avait pire que ça ? Il a fallu un moment et même des coups de téléphone anonymes puis une lettre anonyme qui faisait état d'une liaison extra conjugale pour que ma mère se mette en colère, soit jalouse de ne plus avoir l'exclusivité de sa vie, de son temps et de son argent. Le départ de mes grands parents a fait que mon père était sans retenue et affichait son émancipation vis à vis de ma mère et de ses obligations de mari modèle. Il avait eu des flirts et maintenant il avait une maitresse attitrée ; ce n'était plus la même chose. Elle avait vu dans son entourage, chez mes grands parents ou parents des hommes qui avaient des aventures dans le plus grand secret et le respect de l'apparence plus que de la femme trompée. Mais cette maitresse attitrée avec qui mon père passait son temps, son argent et qui revendiquait sa place par téléphone ou lettre anonyme au vu et su de tous l' a fait sorrtir de sa torpeur. Elle savait aussi que mes grands parents n'étant plus là que mon père se lâcherait et que probablement cette liaison existait déjà ; elle en avait parlé une fois à sa mère qui avait recadré mon père et menacé de le dire à mon grand père qui avait une règle : on peut s'amuser avec des filles mais ne jamais mettre son couple, sa famille en danger. Là plus rien ne le retenait et elle le savait ; elle le perdait, on le lui a volé, on lui a volé l'image du couple gentil, de la famille modèle ; faire semblant n'allait plus durer. Alors elle a décidé de tout faire exploser. Elle aurait pu essayé de comprendre, de le reconquérir..Elle a préféré l'attaquer : l'espionner, fouiller ses poches, l'engueuler, faire des crises de colère, de jalousie. Il est rentré de plus en plus tard, puis découchait et ne participait plus matériellement et financièrement  à la vie familiale. Il entretenait une autre famille, une femme et deux enfants qui n'étaient pas les siens ; ça la mettait hors d'elle. Elle a trouvé en nous ses alliés, surtout en moi. Ma soeur pourtant la plus grande a eu un peu peur de prendre parti, mon petit frère était trop petit pour prendre part. Alors je me suis dévouée et me suis ralliée à la cause de ma mère, la femme trompée qui pleurait. J'espérais peut être quelque part enfin avoir une place, reprendre ma place auprès de ma mère, lui montrer que j'étais enfin cette fille sur qui elle pouvait compter. Je faisais tout ce qu'elle me demandait : espionnner mon père, fouiller ses poches, prendre son carnet de chèques, lire tous ses petits mots, le suivre avec elle en voiture...quand ma soeur se proposait de surveiller mon petit frère. J'ai vu et su qui était cette maitresse et ses enfants, où ils habitaient en même temps que ma mère ; nous  les avons surpris au restaurant, devant chez eux et j'ai participé aux confrontations entre ma mère et cette femme ; elles se sont insultées, bagarrées et moi je devais appeler la police et un huissier et veiller à ce que mon père ne prenne pas sa voiture. Quand j'ai vu que mon père se défiler lors de la bagarre, quand cette femme m'a menacée car mon père lui avait dit que j'étais avec ma mère et contre lui j'étais hors de moi et quand il est rentré à la maison en disant qu'il n'était pas là où on disait l'avoir vu, que ma mère est folle....alors que ma mère pleurait de cette humiliation publique et de son indifférence plus que des griffures dans son coup, je lui ai dit de partir et qu'on ne voulait plus le voir. A partir de ce moment la séparation était inévitable. Mentir et faire semblant c'était fini ! Après tout c'était mieux comme ça et cela durait depuis trop longtemps comme dans toutes les séparations ; avant qu'un couple se sépare il se passe des années, je crois au nom d'un amour de premiers jours, de souvenirs heureux, des enfants, d'une maison et de l'image qu'on veut donner. J'ai le souvenir d'une vie en famille (un père, une mère, une maison, une vie de travail et d'école et d'activités extrascolaires, de courses avec ma mère, de leçons et devoirs avec ma mère, de ma mère qui s'occupait de la cuisine, de la maison, de mon père qui bricolait et qui arrangeait les voitures,) mais pas d'explosions de joie, de fous rires, de câlins sous la couette, d'activités ludiques et sportives... avec ma mère et mon père. Je me souviens plus des larmes de ma mère que des rires même si j'ai de bons souvenirs, les souvenirs d'une vie tranquille, confortable, agréable. Même quand mes parents ont divorcé à part que nous étions un peu les otages de cette séparation jamais facile au début ; cela passait toujours par des problèmes matériels et financiers : prendre les enfants le week end ou pendant les vacances et payer la pension alimentaire, un vrai leitmotiv et un vrai chantage ! Mon père habitant je ne sais où chez sa maitresse qui m'avait pris en grippe n'avait pas d'endroit pour nous recevoir ; il nous prenait que le dimanche fallait il qu'il ait payé la pension alimentaire et nous passions notre journée à manger dehors, à rouler en voiture ; il parlait très peu ; on sentait l'obligation et la necessité de nous voir. Il est vrai qu'il n'avait jamais pris de plaisir avec nous comme quand nous étions chez papy ou mamy. Il ne savait pas comment y faire. On était ses enfants il nous aimait et on l'aimait voilà ; c'était ça être père et puis il venait le dimanche et payait une pension alimentaire et nous offrait nos cadeaux pour nos anniversaires et Noel. Du coup  nous, avec notre mère, nous passions plus de temps chez mes grands parents maternels et tantes et oncles chez qui ma mère cherchait du réconfort et critiquait mon père qui semblait il connaissait des moments difficiles matériellement et financièrement auprès de sa maitresse qui ne travaillait pas et ses deux enfants. d'autant plus que ma mère a réussi a garder la maison et à avoir la pension alimentaire en saisie sur salaire. Si ma mère pleurait moins je pensais que mon père n'était pas heureux ; cela se voyait le dimanche. Il  pensait souvent à mes grands parents qui étaient loin et savait que s'il s n'étaient pas partis, la vie aurait été différente. Il a d'ailleurs demandé pardon à ma mère et voulait revenir ; ma mère a essayé une ou deux fois  mais c'était sans connaitre la tenacité de la maitresse qui ne voulait pas lâcher mon père au point de lui faire un enfant dans le dos. Mais un jour mon père a tenu bon semble t'il jusqu'au jour ma mère a trouvé une photo d'un enfant dans le portefeuille de mon père ; il y avait une ressemblance avec mon père c'était flagrant et un prénom composé avec le prénom de mon père. Pour prouver à ma mère son choix entre elle et sa maitresse il lui a fait part d'un projet : demander sa mutation pour s'éloigner de cette femme et du gamin et rejoindre mes grands parents. Ma mère n'a pas hésité. Moi dans tout ça je m'étais mis à dos mon père pour rien mais je le ressentais méfiant avec moi. Mais de toute façon moi aussi j'étais méfiante envers lui et j'étais devenue une ado difficile et je n'avais pas gagné pour autant l'amour total de ma mère. J'étais toujours pour elle l'enfant turbulent devenu l'ado difficile à gérer contrairement à ma soeur qui était toujours aussi sage, calme qui réussissait ses études sans faire de vagues alors que moi cet épisode m'avait perturbé ; et quoique je fasse je n'avais toujours pas cette place que je voulais, celle de l'enfant voulu, aimé, préféré.